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 le chateaux de chambord

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Adminpascal
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Messages : 28
Date d'inscription : 13/04/2010
Age : 49
Localisation : la somme

MessageSujet: le chateaux de chambord   Sam 8 Mai - 11:49


Chambord, qui mesure 156 m sur
117 m et compte 440 pièces, est le plus vaste des châteaux de la Loire.
Dans l’ordre du gigantesque, il annonce Versailles, Son apparition
subite au bord d’une allée, et la vision de sa masse blanche qui
s’élargit et se précise peu à peu produisent une impression profonde,
qui sera encore plus saisissante au coucher du soleil. Il faut y ajouter
la belle unité de construction de l’édifice, les richesses de
décoration qu’il doit à la Renaissance alors à son apogée, et enfin ces
deux merveilles le grand escalier et la terrasse.


Une création grandiose de François 1er (16 s.)


Les comtes de Blois, grands chasseurs, élevèrent un château fort en ce
coin perdu de la giboyeuse forêt de Boulogne, à 4 lieues de leur
capitale. Ce bâtiment fut rasé par François 1er lorsqu’en 1519 il fit
commencer l’édifice actuel dont la construction sera poussée avec
passion.
Cet édifice ne peut se comparer à aucune autre construction de François
1er. Par ce château, le roi a voulu célébrer la puissance de son royaume
et la sienne.
Chambord est né de la rencontre de François 1er et de Léonard de Vinci;
En 1516, le jeune roi ramène Léonard en France et l’installe à Amboise
où il décède en mai 1519. Pendant ces trois années, il lui confie divers
projets, en particulier celui d’un château à Romorantin, et sans doute
celui de Chambord, dont le plan est établi dans les années 1518-1519.
Une maquette en bois, dont on perd la trace au 17ème siècle, est
réalisée à cette époque par Dominique de Cortone, dit le Boccador. En
1519, le roi nomme François de Pontbriant surintendant de la
construction de Chambord dont les travaux commencent cette même année.
Les travaux se poursuivirent jusqu’aux années 1560, avec une brève
interruption durant la captivité du roi à Madrid. Ce fut la seule
interruption sous le règne de François 1er : même quand le trésor est à
sec, quand l’argent manque au roi pour payer à l’Espagne la rançon de
ses deux fils venus le “remplacer”, quand il en est réduit à piller les
trésors des églises ou à fondre l’argenterie de ses sujets, les
chantiers de Chambord restent en pleine activité. François 1er, dans son
ardeur, voulait faire dériver la Loire et l’amener au pied du château,
mais devant l’énormité de la tâche, on détourne simplement le Cosson.
Jusqu'en 1544, les travaux se poursuivent par la construction de l'aile
est, où se trouve les appartements royaux.
En 1559, à la mort du roi Henri II, le château est inachevé. Sa
construction est alors interrompue, et ce n'est qu'au XVIIème siècle que
l'aile ouest recevra sa toiture.


Séjours royaux.


Dès 1539, le roi qui se plaisait à dire « allons chez moi », peut y
recevoir Charles Quint. Un essaim de jeunes femmes, costumées en
divinités grecques, va au-devant de l’empereur et sème des fleurs sous
ses pas. Le visiteur, charmé par cet accueil puis émerveillé par
l’édifice, dit à son hôte « Chambord est un abrégé de l’industrie
humaine » Henri II continue la construction. C’est à Chambord qu’est
ratifié en 1552 le traité, signé avec trois princes germaniques, qui
apporte à la couronne les trois évêchés : Metz, Toul et Verdun. François
II et Charles IX viennent souvent chasser dans la forêt. Henri III et
Henri IV ne se montrent guère à Chambord, mais Louis XIII renoue la
chaîne.

Chasses royales.


Le parc du château était un merveilleux territoire de chasse. Chambord
possédait 300 faucons. Les meutes royales, très nombreuses, étaient
l’objet de soins constants. Pour les croisements, on faisait venir les
chiens les plus célèbres d’Europe.
Entraînés depuis l’enfance, les rois sont des chasseurs passionnés.
Louis XII franchit à cheval des fossés de 5 m. Malgré sa faible
complexion, Charles IX court 10 heures de suite, crève 5 chevaux,
souffle du cor au point de rendre le sang. Il tombe malade après chaque
équipée. C’est lui qui réussit cette prouesse : forcer un cerf sans user
de chiens.

La Grande Mademoiselle ( 17ème s.)


Chambord fait partie du comté de Blois que Louis XIII accorde à son
frère, Gaston d’Orléans. On peut être conspirateur né et bon père : la
fille de Gaston, la « Grande Mademoiselle », raconte son jeu favori,
faire monter et descendre par son père l’un des degrés à claire-voie,
tandis qu’elle suit l’autre sans jamais le rencontrer. Plus tard, c’est à
Chambord qu’elle déclare sa flamme à Lauzun : elle le conduit près
d’une glace, la ternit de son souffle et trace du doigt sur la huée le
nom de l’irrésistible séducteur.

Louis XIV et Molière.


Sous Louis XIV, Chambord revient à la couronne. Le roi y fait neuf
séjours. C’est là que Molière crée « Monsieur de Pourceaugnac », écrit
au château même en quelques Jours. A la première, le roi ne se déride
pas. Lulli, l’auteur de la musique, qui tient un rôle d’apothicaire, a
une inspiration : il saute à pieds joints de la scène sur le clavecin
d’accompagnement et passe au travers. Le roi éclate de rire ; la pièce
est sauvée. Plus tard, Le Bourgeois Gentilhomme fait passer Molière par
de nouvelles transes. A la première, le roi reste de glace. Les
courtisans, étrillés dans la pièce, préparent déjà leurs sarcasmes.
Mais, après la seconde représentation, Louis XIV félicite l’auteur et la
cour change ses pointes en compliments.

Le
Maréchal de Saxe (18e s.).



Louis XV met le château à la disposition de son beau-père Stanislas
Leczinski, roi détrôné de Pologne. Puis, il en fait don au maréchal de
Saxe avec 40 000 livres de revenus, en récompense de sa victoire à
Fontenoy. Rencontre fortuite ou malice de gendre? Maurice de Saxe est le
fil naturel d’Auguste de Pologne, le rival heureux de Stanislas, celui
qui l’a chassé du trône. Fastueux, orgueilleux, violent, le maréchal de
Saxe anime le château d’une vie trépidante. Pour satisfaire son goût des
armes, il loge deux régiments de cavalerie composés de Tartares, de
Valaques et de Martiniquais. Dans le parc, cette troupe étrange monte de
vifs chevaux d’Ukraine dressés à accourir quand la trompette sonne. Le
maréchal fait régner une discipline de fer : à la moindre incartade, il
pend les coupables aux branches d’un vieil orme.
Par terreur plutôt que par élan, Maurice de Saxe a obtenu les faveurs
d’une célèbre actrice, la Favart, et l’oblige à rester à Chambord, A son
usage, il a remonté la scène où joua Molière, Favart tient le triple
rôle de directeur, d’auteur et de mari complaisant.
Le maréchal meurt à 54 ans, les uns disent tué en duel par le prince de
Conti vengeant son honneur marital ; d’autres, plus prosaïques, accusent
un rhume négligé. Glorieux jusque dans la mort, Maurice de Saxe a voulu
que, pendant seize jours, les 6 canons qu’il a placés dans la cour
d’honneur tirent tous les quarts d’heure en signe de deuil.

De la Révolution à la Restauration.


Après la mort du maréchal, le château non entretenu se délabre petit à
petit. La Révolution détruit le mobilier qui reste.
En 1809, Napoléon fait de Chambord un majorat en faveur de son fidèle
Berthier, prince de Wagram. Berthier se contente de vendre le bois et
laisse le domaine à l’abandon. Après sa mort, la princesse est autorisée
à le mettre en vente, il est acheté par souscription publique, en 1821,
pour le duc de Bordeaux, fils posthume du duc de Berry, qui vient
d’être assassiné, et héritier de la couronne. Paul-Louis Courier écrit
un pamphlet si vigoureux contre la souscription qu’il est condamné à
deux mois de prison. Poussé par la passion politique, Courier va jusqu’à
demander la démolition de Chambord, que l’État achètera en 1930,
moyennant 11 millions, aux héritiers du comte de Chambord, plus le
montant d’une hypothèque prise par le duc de Parme.


Le parc.


Aujourd’hui « Parc National Cynégétique », réserve de chasse depuis
1948, Le parc du château est le plus grand parc forestier clos d'Europe
avec ses 5 440 ha, dont 4 500 en bois qui est essentiellement composé de
chênes et de pins sylvestres, mais il est aussi planté aussi de
charmes, de châtaigniers, de bouleaux, d'aulnes, de saules. Un mur de 32
km, le plus long de France, en fait le tour. Ce mur est percé de six
portes correspondant à six belles allées.
Les promeneurs ne sont admis que dans un secteur de la partie Ouest,
couvrant environ 620 ha. Trois miradors ont été édifiés à l’intention du
public désireux d’observer les rassemblements de cerfs, chevreuils,
sangliers, venant « au gagnage » chercher leur nourriture (après le
lever et avant le coucher du soleil).
Le Cosson, dérivé, court devant le château. Les fossés qu’il alimentait
furent comblés par Stanislas Leczinski, L’assiette du château s’en
trouve alourdie.


Les bâtiments.


Le plan de Chambord est féodal : un donjon central à quatre tours et une
enceinte. Mais la construction Renaissance n’évoque plus aucun souvenir
guerrier. Chambord est une demeure de plaisance royale. Sur le plan
architectural, Chambord combine les idées italiennes les plus en vogue
et les formes architecturales françaises les plus traditionnelles. Il
est bâti selon le principe des églises italiennes à plan centré et
rappelle les recherches de Léonard de Vinci sur le choeur de la
cathédrale de Pavie dans les années 1490. Avec Chambord, on inaugure, en
France, l'emploi de voûtes en berceau à caissons. Cette innovation
d'inspiration italienne, relie Chambord à l'architecture de la basilique
Saint-Pierre de Rome.

Le donjon et l'escalier.


D'autres aspects de l'architecture de Chambord sont, par contre,
typiquement dans le fil de la tradition française. On peut notamment
citer le “donjon”central, cantonné par 4 tours rondes et entouré par une
enceinte, ou l'escalier en vis, dit “à doubles révolutions” (il s'agit
en fait de deux escaliers enroulés l'un autour de l'autre), qui
constitue une des parties les plus remarquables du château, et qui
s'inscrit, lui aussi, dans la lignée architecturale française.
Le “donjon” se trouve au centre de l'édifice. Il est construit dès 1519,
et sa construction s'achève en 1540. En son milieu se situe l'escalier
“à doubles révolutions”, dont le plan a fort probablement été dessiné
par Léonard de Vinci. Sa structure est très particulière
: deux montées se superposent et permettent à deux personnes de monter
et descendre sans se rencontrer. La cage est ajourée, comme celle de
l'escalier François 1er à Blois, si bien que toute la structure est
transparente.
Les chapiteaux de l'escalier sont ornés de figures d'angle surprenantes :
putti (petits amours nus), lézards ou un Pégase sans aile sortant du
temple de Mars.
Au dessus du donjon, une lanterne couronne le grand escalier. Cette
lanterne est surmontée d'une étroite tourelle, puis d'un lanternon.

Les appartements.


A chacun des trois niveaux de l'escalier, ses quatre angles sont occupés
par des appartements de plan carré. Chacun de ces appartements est
complété par un autre appartement placé dans la tour d'angle contiguë.
L'espace cruciforme laissé libre par cette disposition est occupé par
quatre grandes galeries surmontées par des voûtes à caissons. Dans le
projet primitif, ces galeries n'existaient pas. Il n'y avait qu'une
simple terrasse et l'effet produit par le donjon était beaucoup plus
ample.
Les appartements privés du roi occupent l'angle nord-est de l'édifice.
Le logis du roi fait pendant à la chapelle, située dans l'aile ouest.
Cette chapelle fut commencée dans les années
1545-1550 et fut achevée sous Louis XIV.
Des tapisseries décorent les
salons des appartements aménagés sous Louis XIV. Dans ces appartements
sont regroupées les toiles, notamment un Clouet représentant Henri III,
et un portrait d’Anne d’Autriche par Mignard
La « Chambre royale » a retrouvé son décor du temps de Stanislas
Leczinski. Dans la salle du souvenir du comte de Chambord, sont
rassemblés des tableaux, le lit d’apparat offert par ses fidèles, deux
statues d’enfant, Henri IV et le duc de Bordeaux, le premier et le
dernier comte de Chambord, et aussi le petit parc d’artillerie offert au
jeune prince pour le distraire et l’instruire : les pièces jouets
envoient des balles qui peuvent percer une muraille. On peut également y
lire le troisième manifeste daté du 5 juillet 1871 : « Henri V ne peut
abandonner le drapeau blanc de Henri IV ».

Dans le cabinet de François 1er, transformé en oratoire par Stanislas
Leczinski, se trouve la vitre où le roi chevalier aurait gravé avec le
diamant de sa bague le distique mélancolique qui résumait une longue
expérience amoureuse « Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie
»; ou, suivant d’autres témoignages: « Toute femme varie, mal habil
qui s’y fie
».
Au rez-de-chaussée du donjon, sont rassemblées les voitures et les
harnachements de gala exécutés en 1871 dans les ateliers Hermès,
préparés pour l’entrée du comte de Chambord à Paris.


La terrasse.


Directement inspirée par l’Italie, elle offre un spectacle unique :
lanterne, pignons, lucarnes, 800 chapiteaux, 365 cheminées, flèches et
clochetons s’entremêlent, tous fouillés par le ciseau du sculpteur. Sous
les rois, la Cour y passait le plus clair de son temps. De là, elle
suivait le départ et l’arrivée des chasses, les revues et exercices
militaires, les tournois, les fêtes. Les mille coins et recoins de la
terrasse favorisaient les confidences, l’intrigue et les galants
apartés, qui tenaient une grande place dans la vie de cette brillante
société. A noter un élément de décoration curieux des ardoises découpées
en losanges, cercles ou carrés, forment le long des cheminées une sorte
de mosaïque rappelant, à moindres frais, les placages de marbres
italiens.

De longues galeries extérieures relient les ailes et le donjon. Du côté
sud, deux tours étaient initialement prévues, mais elles n'ont jamais
été construites. Tout comme les fossés qui devaient entourés le château;
seuls ceux du nord et de l'est ont été creusés.

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